Vibrations Identitaires in Japan! Comment?

10 Février 2010, 00:01
Vibrations Identitaires in Japan! Comment?

Le parcours d’une photographe indépendante est vraiment étrange et rime souvent avec le mot précarité.
Mon frigo en ce moment ? Il me sert d’objet de décoration. Quand je l’ouvre, il est vide. Il remplit juste l’espace, il me tient froid si j’ai trop chaud et comme c'est l'hiver, cela n'a aucun intérêt. Très souvent, je l’ouvre machinalement en espérant y trouver un trésor enfouit, comme lorsqu’on fait ses fonds de poches et qu’on y trouve quelques euros oubliés.
Merde alors, vous vous souvenez ? Qu’est-ce qu’on est heureux comme des cons à ce moment-là !

La vie d’une photographe indépendante est vraiment étrange. Une fois par semaine je me dis. Bon, arrête tout, c’est de la folie, la photographie c'est trop précaire. Tu ne cotises pas pour ta retraite, t’as pas une tune de côté, c’est à peine si tu arrives à payer ton loyer, le ciné même tarif réduit c'est fini, les cafés parisiens tu peux oublier, le peu d’argent que tu gagnes tu le dépenses aussi sec pour ton projet, tu sacrifies beaucoup de choses pour exercer ta passion et en vivre.
Jusqu’où tu vas tenir comme ça ?

La vie d’une photographe indépendante est vraiment très étrange. On tombe, on s’égratigne, on saigne, on se relève, on a envie de chialer. On écoute une musique, on regarde le travail qu’on a déjà fait, les encouragements, les rencontres, les anecdotes. Un stylo. J’écris. Je n’arrête rien. C’est trop bon comme sensation.

La vie d’une photographe indépendante ? C’est très étrange. Cela va faire bientôt un an que j’écoute, observe, photographie et partage la lutte auprès des « sans voix » et notamment avec l’association APEIS (Association Pour l’Emploi, l’Information et la Solidarité des chômeurs et des précaires).
Reportage que je fais pour un des chapitres de "Vibrations Identitaires" qui se nomme « Crise (d’identité), états des lieux ». Ils sont rentrés dans mon quotidien, je partage le leur. On est devenu des intimes, on lutte ensemble. La magie de la photographie…

La vie d’une photographe indépendante. Étrange ? Il y a quelques jours, l’APEIS me propose d’aller suivre une action de No Vox (justement les « sans voix ») un réseau d’associations, de mouvements et d’organisations, qui mènent concrètement des luttes sociales sur le terrain. Ces mouvements de lutte sont composés de femmes et d’hommes qui s’auto-organisent pour la défense et l’application des droits fondamentaux définis par la déclaration universelle des droits de l’homme et pour faire naître de nouveaux droits. Ces actrices et acteurs de la société civile exercent un contre-pouvoir en toute autonomie par rapport aux institutions et pouvoirs politiques.

« On collabore avec eux, tu feras partie de la délégation internationale, il faudra juste que tu fasses un discours lors de la conférence. Tout est pris en charge. Tu pourras en parallèle travailler sur ton projet. Je l’ai déjà fait au Brésil, c’est une bonne expérience, les gens sont motivés, tu vis avec la population locale, ça te tente ? ».
« Ah oui carrément, ça se passe où ? »
« Au Japon ».
« Quoi ???! Je pars quand ?! »

… Je rentre chez moi. J’ouvre le frigo. Il est toujours vide. Pas d’euros dans les fonds de poches, pourtant, dans quelques jours je m’envole pour le Japon. A mon retour, la précarité de mon métier sera toujours là. Mais le projet continue et voyage, et si on m’avait dit qu’après l’année sombre de 2009, l’année 2010 commencerait comme ça…

Le parcours d’une photographe indépendante, étrange non ?

Continuez à suivre l'aventure et à la partager, je vous donnerai des nouvelles en images et en textes depuis le Japon.

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